Avoir un proche diabétique, une philosophie : « Le diabète ne nous empêche pas de vivre ! »

Maryse et Marie, sont toutes deux proches de personnes diabétiques. Découvrez ce qu’elles pensent de leur rôle et comment elles le vivent !

Marie, tout à droite et sa famille.

« Je ne suis pas du genre à m’affoler, on est des gens très zen »

Marie a deux filles de 11 et 15 ans et un mari qui a un diabète depuis 3 ans. La famille l’a découvert lorsqu’elle l’avait emmené à l’hôpital pour une rage de dent et une fatigue persistante. Pendant la prise en charge de son mari, Marie s’est retrouvée dans l’attente pendant 4-5 heures, ne sachant pas ce qui se passait. Mais comme elle n’est pas du genre à s’affoler, « on est des gens très zen », elle s’est simplement dit qu’on viendrait la chercher si les médecins avaient de nouveaux éléments. Lors de cette attente, Marie n’envisageait aucune maladie particulière, puisqu’ils sont allés aux urgences pour des raisons assez bénignes. Au terme de ces 4-5 heures, elle décide d’aller tout de même voir l’infirmière responsable de la régulation pour en savoir plus.

« On fera avec ! »

Elle retrouve son mari dans une chambre de l’hôpital. Il a été diagnostiqué diabétique de type 1 à 38 ans. A l’annonce, Marie se dit « que les ennuis commencent ». Mais pourtant, cette maladie n’est pas une terre inconnue, relativise-t-elle, puisque plusieurs personnes de la famille de son mari ont ce type de diabète. Connaissant donc les possibles complications qu’un diabète peut entraîner, elle se dit « qu’on fera avec, hein ! ». La réaction de leurs enfants et le changement de vie que cela allait amener l’inquiétaient davantage. Au final, leurs filles l’ont très bien vécu, elles se sont très vite adaptées et par précaution elles ont appris rapidement à gérer les piqûres et l’insuline.

« Pour moi ça n’a pas vraiment été un choc »

Dans la famille de Maryse, il y a aussi des cas de diabète. Ce sont des diabètes de type 2 qui ont déjà touché quatre générations de cette famille. Son grand-père était diabétique, donc pas d’étonnement quant au diabète de Michelle, sa maman. « Pour moi ça n’a pas vraiment été un choc, j’ai un peu toujours vécu avec ». C’est peut-être la raison pour laquelle Maryse n’angoisse jamais sur le fait que sa mère soit diabétique. Elle se fait surveiller régulièrement, mais elle adopte une philosophie simple : « peu importe la maladie, si ça m’arrive je me soignerais et je ferais ce qu’il faut pour vivre au mieux avec, on se bat ! ».

Maryse estime que sa mère gère très bien son diabète toute seule, au point d’être très humble sur l’aide qu’elle lui apporte. Pourtant elle lui fait les piqûres d’insuline, l’emmène faire ses prises de sang ou chez le médecin car Michelle ne peut pas se déplacer seule. Elle prend des nouvelles dans la journée à chaque pause, voit comment ça va, « pour moi c’est naturel, c’est pas du tout une contrainte. Ça fait partie de mon rôle de fille, je ne pense pas être une exception ».

 « Moi, je suis là en soutien logistique »

Pour Marie, concernant les injections et le reste, son mari n’est pas très à l’aise donc elle lui réexplique si nécessaire et prend soin du suivi des ordonnances, cherche à savoir où il en est dans ses stylos d’insuline, du stock d’aiguilles : « moi je suis là en soutien logistique ». « Il pourrait être plus autonome, mais il ne s’en occupe pas plus que ça, il fait ses piqûres, il gère ses doses d’insuline mais la logistique pure c’est moi » dit-elle.

Le premier soir où ils devaient dîner chez eux après le diagnostic « bah mince, du coup il faut que tu manges quoi ? » raconte-t-elle en riant. A ce moment-là, ils ont ressorti les carnets et brochures données à l’hôpital pour connaître les grammages convenables en féculents, en légumes etc. Il n’a pas fallu longtemps pour que Marie achète une balance pour peser les aliments.

« C’est une organisation ! »

Aujourd’hui son mari vit « moralement » très bien sa maladie. Selon sa femme, il s’est vite fait à l’idée. Elle pense que le fait qu’il y ait des personnes atteintes dans sa famille a pu l’aider puisqu’il était déjà sensibilisé aux enjeux et aux habitudes à prendre. Question organisation, comme son mari est maçon, il a une trousse isotherme qui le suit partout, ce qui lui permet d’être équipé du matériel nécessaire.

Au quotidien, ils échangent beaucoup au sujet des doses, en fonction des repas qu’elle prépare. « Au niveau de l’alimentation c’est quand même très contraignant d’autant plus que je n’étais pas du tout cuisine auparavant ». La plupart du temps, la famille mangeait des plats préparés, surgelés. Ils ont changé beaucoup de leurs pratiques… « Manger les restes des repas précédents n’est plus possible » puisque Marie sait qu’il faut à son mari des doses précises de féculents, de légumes, etc. Depuis ils se sont mis aux produits frais, ils mangent davantage de féculents qu’avant, explique Marie enthousiaste. « C’est une organisation, on sait qu’on ne peut pas se laisser surprendre ».

« Le diabète ne nous empêche pas de vivre ! ».

Maryse passe très souvent chez sa mère atteinte de diabète. Les deux femmes dînent souvent ensemble. Elles dégustent les mêmes choses, mais ne prennent pas les mêmes quantités. Elles ont été toutes les deux assesseurs suppléantes dans leur bureau de vote, pour les élections présidentielles. Maryse sait qu’il faut gérer et anticiper les repas puisqu’elles ont été mobilisées toute la journée. Elle ont donc prévu un repas froid comme un taboulé, mais sans huile d’olive car Michelle ne le supporte pas. Pour elles, « le diabète ne nous empêche pas de vivre ! ».

 

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