En coulisses d’un groupe de discussion au Diabète LAB

Les entretiens et les focus groups réalisés font partie de l’ADN du Diabète LAB. L’objectif des sociologues qui les animent est d’écouter et d’échanger avec les personnes sur de nombreux thèmes liés au diabète. De prendre du temps !

Trois participants, Diabèt’Acteurs et Diabèt’Actrices, témoignent de leur participation au Diabète LAB, en l’occurrence à un focus group sur l’alimentation des personnes diabétiques*.

« S’il y avait eu plus de temps, on serait resté à discuter »

Selon les sujets, le Diabète LAB propose des focus groups. Ce sont des ateliers de discussion d’environ une à deux heures réunissant plusieurs personnes. « Le principe du focus group m’a plu car il proposait à chacun de donner son avis et de s’intéresser aux personnes diabétiques. C’est super de nous mettre au cœur de l’action » exprime Nadège. Au début, elle ne voyait pas d’intérêt à l’une des thématiques abordées sur les plats cuisinés, notamment parce qu’elle n’en mange pas. Et pourtant, ceux qui n’apprécient et n’en consomment pas ont tout autant de choses à dire que ceux qui en sont adeptes.

C’est pourquoi autour de la table il y avait aussi Laurent qui lui, est un grand consommateur de ces produits préparés. « Je sais ce qui est bien et pas bien dans chacune des marques pour les avoir toutes essayé ». Au final, « quand on commence à discuter, le temps passe vite donc je n’ai pas vu passer les heures. S’il y avait eu plus de temps, on serait resté à discuter davantage ! » explique Nadège.

« Il y a un travail collectif à réaliser dont le but est d’arriver à une solution collective »

« Pour vous quelle est la plus grosse problématique alimentaire que vous avez en tant que diabétique de type 1 ? ».  C’était la question préférée d’Odile. « Tout ce qu’ont répondu les gens était vraiment très intéressant. Cela crée une sorte d’empathie de voir que les gens vivent telle ou telle situation ».

Mais pendant le focus group auquel ces Diabèt’Acteurs ont participé, les discussions ne se sont pas exclusivement concentrées sur les pratiques alimentaires et les plats préparés. Comprendre les pratiques alimentaires des personnes diabétiques c’est aussi les comprendre dans leur globalité et dans leur vie de tous les jours. Les questions vont donc au-delà, ce qui n’a pas manqué de susciter curiosité et intérêt des participants.

D’ailleurs, Laurent explique qu’il ne s’attendait pas à ces types d’échanges. « On a tous notre personnalité et en fait, ça peut déboucher sur un sujet, où on voit qu’il y a un travail collectif à réaliser dont le but est d’arriver à une solution collective. C’est cette approche collégiale, qui n’existe pas quand on est tout seul face à un produit, qui est géniale ». Et puis, « il y avait même une personne qui avait une de ces nouvelles pompes qui dure 3 jours, donc ça c’était très intéressant, car je n’en avais jamais vu en action ». Ça lui a permis de parler de nouveaux sujets explique-t-il. Seulement la moitié du groupe se servait de lecteurs de glycémie en continu. Piqué par la curiosité, Laurent a pu en discuter et savoir pourquoi certains n’y avaient pas recours, « apparemment c’était un problème de budget ».

« L’échange avec d’autres utilisateurs est toujours très bénéfique »

Pour Laurent le plus intéressant se trouvait au niveau de la diversité des profils. « Dans mon entourage il n’y a personne qui est touché par le diabète et en général j’évite d’en parler car d’un point de vue professionnel ça peut me jouer des tours ». « J’aime bien discuter avec des gens qui ont la même maladie que moi » ajoute-t-il.

Ce focus group a aussi permis à Laurent de « trouver un échange plus vrai avec des personnes qui font face à la même maladie que moi. Mes échanges avec les médecins se limitaient à des leçons ou à de frustrantes contraintes de temps de leur part ». Il n’avait pas non plus trouvé cet espace libre pour échanger en famille ou auprès de ses amis. Il a découvert des dialogues enrichissants qui lui ont aussi apporté des réponses. « L’échange avec d’autres utilisateurs est toujours très bénéfique ».

« En dehors de l’étude, c’est l’échange qui m’a plu ». Odile mentionne ici tous les moments informels, ces échanges qui ont lieu au début, pendant les pauses et à la fin du focus group. Ces moments où chacun a l’envie de se parler d’autre chose.

Laurent pense même que ce genre de rencontre entre personnes diabétiques devrait se populariser. Notamment dans une démarche éducative, pour ceux qui viennent de découvrir leur diabète. « J’aime bien apporter un peu d’énergie et de soutien aux personnes découvrant leur diabète et ayant des difficultés à vivre avec la maladie ».

La richesse de l’échange, c’est ce que retiennent Nadège, Laurent et Odile de cette expérience.

* Il s’agit d’une étude sociologique du Diabète LAB dont les principaux enseignements seront diffusés prochainement. L’objectif de cette étude est à la fois de mieux comprendre les représentations et les pratiques alimentaires des personnes diabétiques et de co-construire des solutions qui répondent aux difficultés qu’elles rencontrent dans la vie de tous les jours. Aussi, cette étude participe à nourrir des réflexions sur l’étiquetage nutritionnel.


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