Diabète et fêtes de fin d’année : délices ou frustrations ?

Que représente cette période pour une personne atteinte de diabète ? Aurore, diabétique de type 1 depuis 7 ans et Bernard diabétique de type 2 depuis 16 ans ont raconté au Diabète LAB leurs visions de Noël et du Jour de l’An.

Aurore – © Angélique Blaise

Lorsqu’on demande à Aurore ce qui lui vient à l’esprit à l’évocation des fêtes de fin d’année et le diabète, elle répond sans hésiter : « le chocolat ! ». « En ce moment au travail il y en a partout », raconte Aurore. Elle se limite donc au maximum mais ça devient de plus en plus dur : « c’est ça pour moi les fêtes de fin d’année. C’est résister à la tentation systématiquement ».

Bernard n’a pas autant la sensation de se priver qu’Aurore. Les fêtes peuvent parfois rimer avec abus, or pour lui, « un petit apéritif et puis c’est tout, en plus ma femme ne boit pas, ni ma fille. Il nous arrive d’acheter une bouteille de blanc pour manger des fruits de mer, mais sans plus »*.

Pour les fêtes, « tout le monde s’adapte sans problème »

L’année dernière, Noël se fêtait chez les beaux-parents d’Aurore, ils avaient tout organisé. Elle n’a même pas eu à se renseigner puisque sa famille et son entourage connaissent ses contraintes alimentaires, « tout le monde s’adapte sans problème à ça ». Un peu avant le réveillon les hôtes vérifient simplement que le repas convienne à tout le monde et « savoir si ça va me plaire ».

De manière générale, Aurore compte les aliments, elle suit un régime cétogène et donc mange très peu de glucides, environ 20g par jour. Elle exclut les pommes de terre, le riz et les pâtes de son alimentation et privilégie les légumes, « je ne mange pas de glace et pas de chocolat et c’est pour ça que c’est difficile en ce moment ».

Et le jour de l’An ? Ce sera chez elle avec des amis ! Mais elle n’y a pas encore trop réfléchi.  D’habitude elle commande les entrées et les plats de résistance surgelés chez un traiteur qu’ils peuvent réchauffer au dernier moment. De cette manière, « chacun peut avoir ce qu’il veut dans son assiette puisque chaque assiette est individuelle ». À coup sûr, les huîtres seront au programme car elle en « raffole ». Et en fonction de ce que veulent ses invités, Aurore achètera à côté « des choses glucidiques » comme une bûche. Seulement, elle n’en mangera pas vu qu’elle aura « déjà beaucoup mangé avant, et c’est comme à tous les réveillons, au bout d’un moment on arrive à la troisième entrée, on a plus faim … ».

« C’est plutôt moi qui m’adapte »

Chez Bernard, à table, « c’est plutôt moi qui m’adapte à ce que ma femme et ma fille mangent ». Dans ce cas, il fait attention et il corrige avec sa pompe s’il y a des dépassements. Autrement, il se limite et mange juste un peu moins qu’elles. « S’il y a des bonbons, des chocolats, je ne vais pas me gaver… Quand le dimanche on prend des petits gâteaux, je vais prendre la moitié par exemple ».

Une fois n’est pas coutume, il arrive parfois à Bernard de céder à ses envies. Pourtant, il n’est pas du genre à être dévoré par les tentations, d’après lui. Et lorsqu’il succombe à un petit excès, il mesure sa glycémie et ajuste avec sa pompe, se surveille légèrement et puis « le lendemain je devrais manger autre chose, et puis voilà » se dit-il.

« Je ne vais pas les embêter avec cette maladie »

À l’approche de Noël, sa femme et sa fille ont prévu de déguster une canette avec des champignons sans consulter Bernard, donc « on fera avec ! », dit-il. Selon lui, elles ne « font pas trop attention », parfois il arrive qu’elles lui déconseillent tel ou tel aliment mais rien de plus. « J’estime qu’elles ont ni à manger, ni à faire gaffe comme moi. Si un jour ma fille a du diabète, peut-être qu’à ce moment-là elle devra y penser ». Bernard pense que sa famille n’a pas à subir son diabète : « je ne vais pas les embêter avec cette maladie », pour autant, il aimerait qu’elles fassent un peu plus attention.

Avant le diabète, « ce n’était pas équilibré »

Avant d’être diabétique, « le matin, j’ouvrais toutes les petites cases de mon calendrier de l’avent avec mon chocolat dedans. Je suis quelqu’un de gourmand à la base donc je profitais, je mangeais beaucoup, d’ailleurs je prenais du poids pendant cette période ». Pour Noël, Aurore ne passait pas à côté de la traditionnelle tartine de foie gras en entrée, le gratin dauphinois avec une viande en sauce et une bûche en dessert, « plus tous les chocolats qu’on mange à côté ! ». Pareil pour le Jour de l’An, les habituels cocktails saturés en jus de fruits, les biscuits apéritifs dans la soirée et le champagne à minuit, « clairement ce n’était pas équilibré ».

Alors que Bernard ne faisait pas vraiment attention, il se surveille davantage aujourd’hui. Au début de son diabète, ça ne représentait pas grand-chose, il prenait simplement ses médicaments, c’était « comme prendre une aspirine ». En revanche, quand ça s’est aggravé, 5 ans après le diagnostic, il a commencé à être fortement alerte. Cela dit, au quotidien, il ne perçoit absolument pas cette vigilance comme une source de stress.

« Mangez ce qui vous fait plaisir, sans en abuser »

Dans l’attente des fêtes à venir, Aurore conseille à toutes les personnes diabétiques de profiter, avec des aliments qui rentrent dans le cadre du régime de chacun. « Mangez ce qui vous fait plaisir mais en ayant toujours à l’esprit de ne pas en abuser ! », indique Aurore. C’est sur cette conclusion que nous en profitons pour vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année !


*Les pratiques des interviewés n’engagent qu’eux-mêmes.
Pour savoir comment concilier repas de fêtes et diabète, cliquez ici.