Essais cliniques : entre craintes et désirs de participer

Chacun sa définition

Comment l’essai clinique est-il compris ? Pour certaines personnes diabétiques, l’essai clinique consiste en des expériences médicales sur des cobayes humains, ou des tests portant sur des médicaments ou sur un dispositif médical, qu’ils soient nouvellement entrés sur le marché ou pas. « Pour moi, un essai clinique, c’est proposer à quelqu’un un médicament ou un appareil ; et d’essayer, avec un protocole, de voir si le fait de prendre ce médicament ou d’utiliser cet outil donne de meilleurs résultats que ne pas le prendre ou ne pas l’utiliser. Et faire cela sur une population importante ».

Pour d’autres, l’essai clinique signifie qu’il y a nécessairement une hospitalisation, ou encore désigne la semaine d’éducation thérapeutique. D’autres enfin disent ne pas savoir le définir.

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Le Diabète LAB a cherché à savoir : comment les patients définissent un « essai clinique » ? Comment se représentent-ils leur participation à un tel essai et son déroulement ? Qu’est-ce qui les encourage à y participer ou les freine ? Quelles sont leurs attentes ? Pour y répondre, des personnes diabétiques ont été interrogées lors d’entretiens individuels.

Un essai clinique est « une recherche biomédicale organisée et pratiquée sur l’Homme en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales¹ » , et permet la mise au point de nouveaux médicaments ou traitements innovants. Pour garantir la sécurité du patient qui se prête à la recherche, en amont d’un essai clinique est réalisée une évaluation pré-clinique. De plus, les essais cliniques sont règlementairement encadrés en France et répondent à des critères et des normes très précis.

Qu’est-ce qui motive à participer ?

« L’indemnisation » compte assez peu dans la décision de participer ou non à un essai clinique : « La rémunération peut être motivante, mais c’est plus l’intérêt pour mon avenir qui me motive. Je n’accepterais pas plus le risque si j’étais indemnisé. L’indemnisation est un bonus, mais pas un critère ».

A l’inverse, la possibilité que cela puisse améliorer, pendant l’essai et après, la qualité de vie constitue une motivation forte, et probablement plus forte que la seule santé. Ainsi, un essai clinique qui conduirait à une amélioration de l’équilibre glycémique, mais qui entrainerait dans un même temps une complexification des façons de prendre en charge son diabète dans la vie quotidienne, constituerait une motivation assez modérée à la participation.

Désir de plus d’implication dans les différentes étapes d’un essai

Si les personnes enquêtées considèrent majoritairement qu’il est très important de réaliser et de participer à des essais cliniques, elles souhaitent pouvoir davantage être impliquées à différentes étapes de l’essai clinique, de la construction des protocoles de recherche clinique à la restitution de l’essai. Un des autres enjeux aujourd’hui est de trouver le juste milieu entre une information simple et compréhensible de tous les patients, tout en restant scientifiquement juste.


[1]Définition de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

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